Après le temps qui passe, l’espace qui le retient. Suite de son précédent Kronos, le nouvel album de Cristina Branco s’attache à cette notion de voyage dont les souvenirs se font, comme chacun sait, en musique. Des capitales de la nostalgie que sont Lisbonne et Buenos Aires, mais encore Paris, inspirent la partition de ce disque où dialoguent des airs popularisés par Amália Rodriguez, Carlos Gardel et Jacques Brel, des poèmes de Lobo Antunes et de Baudelaire, un bandonéon, un piano et une guitare portugaise. Sous ses faux airs de facture classique, la chanteuse y délivre ses interprétations les plus iconoclastes, n’hésitant pas à étreindre les langues et les traditions pour faire tanguer un fado et bercer le tango dans un souffle de saudade. Une réussite.